Jazz à Flip
ÉDITO PAR FRÉDÉRIC ROY
Au moment d’écrire cet édito, nous sommes en train de rédiger le bilan de 2024. Nous pouvons vous l’assurer, cette année aura été belle, de concerts, de rencontres, de médiations au Pannonica et ailleurs. C’est grâce à vous, à votre présence, à votre curiosité, c’est grâce à nous, à notre travail, à notre détermination.
« La distance entre toi et moi est une fiction. Ce dont nous parlons, c’est de proximité. La proximité crée de l’empathie. » Damon Locks
L’année aurait pu être exceptionnelle si au mois d’octobre, une ombre n’avait pas commencé à nous survoler. Le nuage noir d’une remise en question de la participation financière de la région au fonctionnement du Pannonica et de tant d’autres associations qui oeuvrent dans la culture, le social ou le sport. Malgré les mobilisations, malgré les demandes de concertation, le 20 décembre 2024 marquera pour des raisons essentiellement idéologiques la fin d’une politique culturelle ouverte, diverse et accessible à tous et toutes, le tout sans évaluation. Une première en France.
Qui est pour ? Qui s’abstient ? Rejet.
Sorti de ce vote, les mots du conseiller spécial à la culture de la présidente du conseil régional «On l’a fait ! » résonnent bizarrement. Il est censé garantir une dynamique culturelle, il vient de participer à la casse de tout un pan de l’économie sociale et solidaire, il en est même l’un des instigateurs et il s’en félicite. Ubuesque !
Probablement pour des raisons différentes, il nous faut ajouter également la perte de 50% de notre subvention du conseil départemental. Alors, pour reprendre les mots du Grand R, scène nationale de La Roche/Yon, à quoi Pannonica doit renoncer ?
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- À maintenir le nombre de concerts ? ✔ Fait
- À employer des artistes et des technicien·nes ? ✔ Fait
- À maintenir le budget de l’action culturelle et de la communication ? ✔ Fait
- À des actions culturelles dans les lycées et les collèges ? ✔ Fait
- À maintenir l’effectif des salarié·es ?
Ces choix douloureux et ceux à venir soulignent aussi la complexité de conduire un projet structuré pour le jazz en France. Le Collectif Régional de Diffusion du Jazz dont nous assurons la coordination voit lui aussi sa subvention supprimée, empêchant toute action régionale pour le jazz durant les prochaines années. À l’échelle nationale, à Brest, à Poitiers et à Lyon notamment, les scènes de musiques actuelles dédiées au jazz font face, pour des raisons différentes, elles aussi à des périodes compliquées. Il serait sans doute temps de faire un état des lieux national de ces structures toujours plus fragilisées par des politiques publiques en déliquescence.
En attendant, le Conseil d’Administration et l’équipe du Pannonica restent mobilisés pour continuer à vous proposer de belles rencontres, de beaux projets de médiations et fabriquer ainsi notre propre IA, celle de l’Intelligence Artistique.