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DEVENIR ARTISTE DÈS L’ÉCOLE,
GRÂCE AU MÉTIER DE MUSICIEN-INTERVENANT

Retrouvez aussi cet article dans les pages de notre programme avril/juin 

Trois ans déjà que Pannonica noue des liens privilégiés avec l’école Villa Maria, sa centaine d’élèves de la petite section au CM2 et l’ensemble de son équipe éducative. Ce véritable jumelage trouve sa source dans la politique d’éducation artistique et culturelle déployée par la Ville, et son ancrage dans la proximité de la salle et de l’établissement scolaire, situés à seulement quelques rues l’un de l’autre. Aux rencontres, concerts, et autres ateliers qui rythment l’année scolaire, se combine depuis deux ans l’intervention d’un musicien intervenant du Conservatoire (également dénommé dumiste*). Un maillon essentiel à ce partenariat, qui a su lui donner la dimension escomptée : en faire un projet d’école.

Un simple dossier déposé par Villa Maria dans le cadre du dispositif « Musique à l’école » du Conservatoire, validé par une commission, et le précieux sésame est obtenu. Au cœur des ateliers dispensés par Olivier Lannot, puis Youen Le Thellec, le chant, le rythme et la connexion au corps sont centraux. Leurs interventions sont nourries par un fil rouge lié à un spectacle au Pannonica. Après Le livre de la jungle les élèves travaillent autour de Big bang Oratorio, programmé en mars.
Tout cela constitue également le socle du fameux spectacle de fin d’année, présenté lors de la fête d’école, qui mobilise l’ensemble des parties prenantes aussi équipes éducatives que périscolaires, association des parents d’élèves et les premiers concernés : les enfants eux-mêmes. Musicien intervenant, un rôle clef donc !

Échanges avec Youen Le Thellec,
pour un éclairage sur cette posture de musicien.

Peux-tu nous présenter ton métier ? Le métier de musicien-intervenant consiste à mener des séances de musique, dans les écoles, en partenariat avec le professeur des écoles. D’une certaine manière, nous sommes le conservatoire « hors les murs » et permettons à tous les enfants d’avoir un lien avec lui.

Que penses-tu du terme « musicien-intervenant » ? Il y a plusieurs noms possibles à notre métier, qui charrient leurs avantages et leurs inconvénients. Le mot dumiste a l’avantage de mettre en avant le diplôme, le niveau de qualification qu’il représente. Musicien-intervenant est plus proche de notre pratique, mais ne saurait embrasser toute la dimension du métier – pédagogique, partenariale sur le long terme avec les écoles – mais c’est, je pense, le plus juste.
Je suis également attaché à la dimension d’artiste du musicien-intervenant. Nous avons tous une activité artistique, qui vient nourrir notre pédagogie et notre travail avec les enfants : nous sommes des artistes à l’école.

Tu interviens auprès des classes du CP au CM2 de l’école Villa Maria : que travailles-tu avec elles et eux ? Nous menons un projet autour du jazz et de l’espace ! J’adapte évidemment mon programme à chaque tranche d’âge, mais nous avons des chants en commun (Fly me to the moon par exemple, en français pour les petits, en anglais pour les grands). Nous avons également fait un travail rythmique inspiré de la méthode « O passo » qui permet des niveaux de complexité différents selon les âges, d’invention de paroles avec les grands… J’ai aussi mes chants ou jeux favoris, comme des bottes secrètes sur lesquels je peux m’appuyer.

Qu’est-ce que ce travail pédagogique apporte à ta pratique instrumentale ? L’apport principal a été d’améliorer considérablement ma faculté à retenir vite des mélodies, accords, mots, langues… Cet exercice, quotidien, sur plusieurs années, m’a aussi donné une intelligence sur scène, dans ma manière d’être avec mon instrument, en chant, qui est vraiment liée à mon métier.

• Propos recueillis par Camille Rigolage
*en référence à Diplôme Universitaire de Musicien Intervenant (DUMI)

PHOTO © GREGG BREHIN